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PETIT ROMAN ENTRE AMIS !!!

Ceci est une nouvelle qui est de l'entière responsabilité de son auteur. Vous pourrez y reconnaitre certains personnages que l'entourage de cet adhérent à l'Association APTITUDES a pu inspirer en les tirant totalement de leur vie actuelle et en les brocardant. Vous avez dit humour ? A vous d'en juger... 
 
 
 

ALERTE À L’HÔTEL
 
 
1er Mail : Tout le premier étage avait déjà été passé au peigne fin et l'inpecteur Bernardin commençait à perdre patience. " Où cette saloperie peut-elle être cachée ? ". Impossible dans l'état actuel des choses de le savoir... Il restait aux forces de l'ordre deux étages à fouiller avec la crainte de "la" voir surgir à tout instant. Comment ne pas penser aux visages de ses deux dernières victimes ? Elles avaient comme toutes les autres vécu une peur panique avant de rendre leur dernier souffle et cela se voyait à l'expression qui défigurait leurs visages... Qu'avaient pu donc voir ou entendre ces malheureux avant de trépasser ? Finalement, Bernardin n'était pas si pressé que cela de le découvrir... Fébrilement, sans faire de geste inutile et le plus doucement possible, il prit son talkie walkie et appela son second : " Davidovitch, tu es là ? "... Un silence pesant succéda à l'appel de l'officier de police... " T'es où, bordel !!!". Un nouveau silence, puis tout à coup comme fendant l'air, un petit bruit familier se fit entendre. " Davidovitch, si j'avais su que ce genre d'expression me ravirait un jour... " lui dit-il. " Désolé, chef, mais si on combine mon repas de ce soir à l'atmosphère peu rassurante qui nous entoure dans ce putain d'hôtel, vous comprendrez que ca me mette dans un certain embarras... et je ne vous parle pas de mes sous-vêtements... ". Cela faisait plus de cinq ans que les deux hommes se connaissaient et que l'inspecteur Bernardin devait faire face aux affres gastriques de son coéquipier et second. Mille fois ses irrésistibles envies gazeuses les avaient mis tous deux dans l'embarras, sans vous parler des odeurs qui accompagnaient irrémédiablement et dans la seconde qui suivaient ce petit bruit caractéristique. A chaque fois que le moment devenait critique, Davidovitch ne pouvait s'empêcher d'exprimer son angoisse. Et plus l'instant était périlleux et plus l'odeur était terrible... Heureusement pour Bernardin, ils avaient dû se séparer ce soir pour pouvoir couvrir au mieux les étages de l'établissement hôtelier...  
 
2ème Mail : Cela ne faisait plus aucun doute, ça bougeait, là, devant... Impossible de distinguer quoi que ce soit dans cette pénombre. Les plombs avaient sauté et personne n'avait encore réussi à trouver le compteur pour remettre l'électricité. L'inspecteur fut surpris par le bruit qui s'échappa de son talkie. C'était comme un robinet qui coulait ou, plus précisemment, comme une... chasse d'eau que l'on tire !!! " Davidovitch, bordel !!! Qu'est-ce que tu fous ? " laissa-t-il exploser. " Désolé, chef, mais fallait que j'y aille ! je ne pouvais pas rester comme ça... ". " Comme si c'était le moment pensa-t-il. Enfin, ça lui permettra peut-être d'avancer plus vite maintenant ", se dit-il enfin. Tout à coup, la lumière revint . Et un cri s'échappa à nouveau de l'appareil radio. " Davidovitch, qui y a-t-il ? " Tout en posant cette question, Bernardin s'aperçut que la forme qu'il avait distingué dans le noir comme étant susceptible d'être " la chose ", était en réalité le chat des propriétaires de l'hôtel qui profitait des restes d'un diner laissé à l'abandon sur un chariot de service de l'étage. Le saumon semblait être tout à fait à son goût... " Alors, Davidovitch, tu me réponds, oui ! ". Toujours aucune réponse... L'inspecteur de police, gagné par la crainte de retrouver son coéquipier en mauvaise compagnie, profita de la lumière ainsi revenue pour aller le rejoindre au plus vite et lui prêter main forte. Il arriva au bout d'une vingtaine de secondes, qui lui parurent une éternité, auprès des toilettes situées au 1er étage de l'établissement. Il sortit son révolver se plaqua le dos au mur près de l'entrée des salitaires et appela son second : " davidovitch !! ça va ? " Toujours pas de réponse... Il n'y avait pas de temps à perdre, il fallait agir. Les deux mains sur le révolver, il se retourna et fit face arme pointée vers la porte, y envoya un lourd et puissant coup de pied qui la fit s'ouvrir violemment. Il s'engouffra rapidement dans l'espace lavabo et reçut un coup violent en pleine face qui lui fit perdre l'équilibre. Il lui fallut quelques secondes pour se remettre du choc, de ses émotions et pour se relever. Que c'était-il passé ? Il le comprit rapidement lorsqu'il vit le puissant ressort dont était équipée la porte qu'il avait cognée et qui lui avait rendu la pareille en venant le heurter à son tour tel un boomerang. Il fut surpris de se retrouver par terre tout trempé... De l'eau était répandue sur le sol et semblait s'échapper d'un lavabo dont le robinet n'avait pas été fermé. Mais toujours pas de Davidovitch... La porte des toilettes, arrachée, montrait qu'un combat avait eu lieu ici, et les empreintes de griffes, laissées dans le chambranle, ne laissaient pas beaucoup d'espoir quant au devenir du sous officier de police. L'espace lavabo, exigü, possédait une petite fenêtre qui avait été laissée ouverte... Un tissu de couleur foncée y était accroché. Bernardin s'en empara et s'aperçut qu'il ne s'agissait pas d'un chiffon ordinaire mais plutôt d'un... pantalon. Pas n'importe lequel des pantalons, puisqu'il s'agissait de celui de son coéquipier. Il avait dû lui être arraché au moment où il répondait à l'appel de dame nature tranquillement assis sur le trône royal et blanc. La Bestiole devait être cachée dans le secteur et avait dû être attirée par le bruit et peut être... par l'odeur, qui sait !!! La perversité était peut être aussi animale et la modification génétique, dont elle semblait être affublée, avait certainement modifié chez elle ses moindes repères olfactifs. Mais qu'avait-elle fait de Davidovitch ? D'autant plus que Bernardin trouva au fond du pantalon de son coéquipier un élément essentiel : son sous-vêtement souillé et très odorant...  
 
3ème Mail : L'inspecteur Bernardin se pencha par l'étroite fenêtre laissée ouverte dans l'espace lavabo. Il grimpa sur un petit tabouret blanc et jeta un oeil à l'extérieur... Cela donnait sur une petite impasse qui longeait l'hôtel, impasse qui permettait aux camions des fournisseurs de l'hôtel de livrer tranquillement l'établissement sans être inquiétés par la circulation. " Impossible de passer par là, le passage est trop étroit et il y a un étage tout de même..., pensa-t-il. Mais par où est-elle passée et qu'a-t-elle pu faire de ce pauvre malheureux de Davidovitch ? ". Tout à coup le Talkie Walkie crépita et un nouveau bruit familier se fit entendre. Bernardin saisit son appareil radio et appela : " Davidovitch, c'est toi ? ". Pas de réponse, mais à nouveau ce petit bruit caractéristique, un mélange de ballon de baudruche qui se dégonfle, d'évier qui se débouche et de coassements de grenouilles pendant la saison des amours batraciennes. Cela ne faisait plus de doute : il était vivant. Sans pantalon ni sous vêtement, mais vivant. L'inspecteur était si heureux qu'il en aurait été prêt à aller "respirer" la bonne nouvelle. Mais où pouvait-il être et où la bestiole pouvait-elle se cacher ? Il n'y avait plus de temps à perdre. Bernardin sortit des sanitaires et décida de visiter toutes les pièces de l'hôtel qu'il n'avait pas encore vues et tant pis pour le monstre en vadrouille. Il poussa une première porte, puis une deuxième, une troisième... et cela porta ses fruits à la septième !!! Ce qu'il découvrit était indescriptible. Davidovitch était là, étendu sur le lit de la chambre. Il ne portait plus qu'une chemise largement déchirée et son corps était maculé de bave rose et de touffes de poils verts qui avaient dû avoir été laissés par le monstre. Bernardin se précipita sur son second et fut réconforté par l'absence de plaies ou autres blessures apparentes sur son collègue. Apparemment, il était choqué et le seul son qui émanait de sa personne n'était pas d'origine bucale. L'oreille et le nez de l'inspecteur ne le trompaient pas. L'air de la pièce en était vicié. Bernardin traversa la chambre et voulut ouvrir la fenêtre afin de renouveler au plus vite l'atmosphère. Il mit la main sur la poignée et la retira rapidement : de la bave y avait été répandu, la fenêtre n'était pas fermée, juste poussée. Pas de doute, la bête s'était échappée par là. Un coup d'oeil prudent à l'extérieur l'en convainquit. L'escalier de secours, contre le mur ouest de l'hôtel, avait facilité sa fuite. Des policiers en uniforme faisaient le gué en bas et Bernardin les interpella. Aucun n'avait entendu ni vu quoi que ce soit. Impossible pour le monstre de filer par là sans être aperçu par les forces de l'ordre en faction. Si elle n'était pas passée par la rue, elle avait donc filé par les toits et l'escalier de secours métallique desservait tous les étages jusqu'à la terrasse. Bernardin demanda aux policiers d'appeler les urgences pour Davidovitch qui commençait petit à petit à sortir de sa torpeur. Il s'enquit une dernière fois de son état de santé et enjamba la fenêtre, arme au poing, pour prendre en chasse la bestiole aux poils verts et à la bave rose et collante  
 
4ème Mail : L'inspecteur Bernardin emprunta l'escalier métallique de secours. Il avait 3 étages à gravir avant d'atteindre la terrasse. Au moment de finir son ascension, il se tapit sur l'acier froid... Il avait entendu quelque chose ou plutôt quelqu'un. Cette voix venait du sommet, du toit de l'hôtel. Il gravit les dernières marches en se faisant le plus discret possible. Il réussit à passer la tête au dessus de la dernière rambarde et resta pétrifié... Cette voix lui disait quelque chose et pour cause car là, devant lui, un homme faisait face au " monstre ". Il voyait enfin ce dernier pour la première fois et il faisait connaissance avec celui qui se révélait être son maître. La bête était de grande taille, à peu près deux mètres, et était couverte de longs poils verts ce qui expliquait les touffes retrouvées sur Davidovitch. Elle faisait penser à un gros nounours qu'on aurait presque envie de caliner si on ne lui connaissait pas ce lourd passé meurtrier. Et celui qui se tenait là devant elle n'était autre que Lucius Casenavus, le plus célèbre décérébré que la terre ait jamais porté. Il était connu mondialement de par ses exactions commises un peu partout sur la planète et il n'avait que deux buts précis dans l'existence : l'argent et le pouvoir ! Un seul défaut malgré tout, ou plutôt un point faible : la surconsommation de malabars au goût fraise, ses préférés. Il était toujours prêt pou en avoir. C'était comme une drogue. Et c'est de cette façon que Bernardin avait réussi à le jeter en prison il y a 3 ans au moment où il tentait de s'enfuir avec les fruits de son dernier larcin. En effet, le gredin s'enfuyait avec un lourd chargement de diamants quand l'inspecteur décida de lui mettre sous le nez un gros paquet de ce délicieux chewing gum qu'il affectionnait tout particulièrement. Il l'avait accroché au gros hameçon de sa canne à pêche, celle qu'il utilisait pour la pêche au gros. Le résultat ne se fit pas attendre et après avoir ferré le bandit il le remonta tranquillement jusqu'au 2ème étage où il était planqué. Et le tour était joué. Il le revoyait encore suspendu là dans le vide, gigotant au bout du fil de nylon. Le secret de cette réussite résidait dans le petit bas de ligne en acier... Mais cette fois, les poissons étaient deux et le plus gros ne mordrait pas au même appât. Alors que faire. Une main se posa sur l'épaule de Bernardin, ce qui le fit sursauter. Il descendit 4 marches sur les fesses mais ne pipa pas un mot de peur d'éveiller Lucius et son gros toutou vert. Il pensa sa dernière heure venu quand il s'aperçut qu'il s'agissait finalement de Davidovitch qui arborait un superbe peignoir rose en guise d'uniforme et un extraordinaire sourire à s'en décrocher la machoire. Il avait donc repris connaissance et avait saisi dans la chambre de l'hôtel, où l'inspecteur l'avait laissé encore inconscient quelques instant auparavant, le seul vêtement susceptible de lui permettre la poursuite de l'enquête.  
 
5ème Mail : Que faire maintenant ? Si on comparait les forces en présence, on pouvait constater que le déséquilibre était présent. Comment cette grosse bestiole verte à poils longs pouvait être battue par des armes conventionnelles tenues par des agents en sous nombre ? De plus, elle obéissait au doigt et et à l'oeil à ce dégénéré malabarsien. Il aurait fallu des pouvoirs surnaturels, détenir une force surhumaine pour terrasser ce monstre baveux. Davidovitch risqua une tête au dessus de la rambarde et pu voir la scène incroyable de ce petit homme barbu et insignifiant commandant à cette chose tous ses caprices. Et là, la tension fut trop forte ce qui eut la conséquence que vous savez sur l'inspecteur en second. Celui-ci ne put retenir son effroi et sa tension nerveuse se gazéifia subitement. Comble de malchance, le vent était dans le mauvais sens et la bête se mit à renifler bruyamment. " Tu as senti quelque chose ? " lui demanda le poilu du menton. Le grognement qui s'en suivit ne fit aucun doute quant à la révélation à la bêbête de la présence des deux inspecteurs. Celle ci se précipita tout droit sur ces derniers, passa la tête par dessus le petit muret de la terrasse et les découvrit. Bernardin, accroupi, pointait déjà son arme sur le monstre et Davidovitch avait enfoui son visage dans le peignoir rose qui lui servait d'uniforme de remplacement. " Si tu crois que tu me fais peur, gros tas de poils, tu te fous le doigt dans l'oeil jusqu'au trognon. Tu ferais mieux de te rendre avant que je te fasse un trou dans la fourrure !". La réponse de la bestiole fut sans appel, elle poussa un grognement si terrible que Bernardin en tomba son révolver. Quant à davidovitch, il finit par sortir la tête de son peignoir et par apercevoir le monstre qui ne put retenir un long filet de bave rose de contentement et qui se répandit sur la veste de Bernardin . Le monstre semblait heureux de revoir Davidovitch. Manifestement, il en gardait un souvenir ému, et le peignoir rose de l'inspecteur semblait lui plaire tout particulièrement. Que de tendresse et d'amour dans son regard. On se serait crû dans le film où King Kong tenait Jessica Lange. Davidovitch, pétrifié, ne put se contenir à nouveau, ce qui eut pour conséquence d'exciter le monstre. Plus les effluves montaient et plus la bestiole semblait désireuse de rejoindre l'inspecteur. Elle tendit le bras, se pencha en avant et essaya de saisir le policier pour le ramener à elle. Ce dernier finit par se ressaisir et par suivre son supérieur qui, déjà, redescendait un étage pour y récupérer l'arme qui lui avait échappé. Le monstre poilu, ni tenant plus, entama sa descente... 
 
6ème Mail :La bestiole entamait donc sa descente vers les policiers. Bernardin réussit à se saisir de son arme de service, un petit Beretta 12mm avec rayon laser, arbre à came, dolby stereo surround en 3/12ème de 16ème... Bref, l'arme classique du flic en service... Il se retourna, le pistolet au point, et fit peur à Davidovitch qui le suivait toujours. Ce dernier leva brutalement les mains et poussa un cri qui excita encore plus le monstre. Seulement, celui-ci ne surgit pas du dessus car il avait emprunté la voie des air. Le bond qu'il avait fait depuis la terrasse lui avait permis d'atterrir devant eux dans un énorme fracas !!! L'inspecteur Davidovich, comme à son habitude dans ce genre de situation, eut à peine le temps d'imiter à la perfection le bruit que fait l'orage un soir de juillet dans le ciel normand, qu'un autre sinistre bruit couvra tous les autres, grogrements du monstre vert compris : l'escalier de secours, qui n'avait pu résister aux assauts du monstre, se détachait de sa base !!! La bête fit la moue et bava rose de plus belle, Bernardin s'accrocha par réflexe à la 1ère fenêtre du 3ème qu'il avait sous la main et Davidovitch imita son supérieur. C'est au moment même où les deux hommes prirent appui sur les rebords de leurs fenêtres respectives, que l'énorme escalier métallique, n'ayant pas supporter la dernière charge de l'animal, s'effondra, emportant la bêbêtte poilue... Une fois la poussière retombée, les 2 inspecteurs virent leurs collègues en uniforme, tout en bas, arriver sur les lieux du carnage. Du 3ème étage, ils pouvaient apercevoir des touffes de poils verts dépasser de l'amas de ferraille. " Margotine, Margotine, où es-tu ? " criait une voix depuis l'étage supérieur. Les deux policiers, le moustachu et le peignoir rose, levèrent la tête et purent voir l'affreux Lucius qui pleurait sa bête. Déjà et de rage, il prenait une arme et la pointait vers les représentants de l'ordre du 3ème comme du rez de chaussée. Et pendant que les coups pleuvaient, personne ne s'apercevait que les armatures renversées au sol commençaient à frémir, puis à se soulever, doucement, irrémédiablement... ( à suivre... ) 
 
7ème Mail : Les policiers en uniforme n'en croyaient pas leurs yeux : la bestiole était encore en vie malgré la chute et malgré le poids de la ferraille sous laquelle elle aurait dû sombrer à jamais... Mais voilà, les expériences génétiques de l'affreux professeur Lucius Casenavus avaient porté leurs fruits. Il avait sans nul doute réussi à faire naitre la plus incroyable des créatures que la Terre ait jamais porté. Elle était certes d'apparence repoussante mais invraissemblablement résistante. Voilà donc qu'elle avait survécu à l'impensable. A peine debout, et encore titubante, elle se précipita sur la façade de l'immeuble et entama son ascension, non plus par l'escalier qui n'existait plus, mais à mains nues, ou plutôt à pattes nues. Son réveil fut si inattendu et son apparence si repoussante, que les policiers qui la découvrirent ainsi près d'eux furent incapables de réagir d'autant plus qu'ils devaient toujours restés à l'abri du tir nourri qui venait du fou barbu situé sur la terrasse. Et les coups de feu repartaient de plus belle à la vue de l'animal miraculeusement revenu à la vie. Son maitre exultait, tirait maintenant à la mitraillette, à la grenade, au bazooka et au lance-pierres. Il jetait également sur les policiers tout ce qui lui passait sous la main comme des pots de fleurs, des tuiles, des graviers, un piano, une lampe de chevet, le dernier numéro de Pifou Poche,... Les deux inspecteurs, qui étaient restés jusque là coincés sur les rebords des fenêtres situés au 3ème étage, furent pris entre les tirs nourris du décérébré du toit et la bestiole qui entamait lentement mais surement l'ascension de la face ouest de l'hôtel, sans sherpas, mais toutes griffes dehors ! Curieusement, la bêbêtte se dirigeait tout droit sur Davidovitch. Et plus elle se rapprochait de lui et plus elle bavait... Elle avait manifestement choisi sa proie et la lumière étrange qui soudain éclairait son regard rappela bizarrement quelque chose à l'inspecteur en second. " Sa dernière lune de miel ne lui a pas suffit, Inspecteur Bernardin !" cria-t-il à son supérieur moustachu. Davidovitch prit sur les rebords de la fenêtre, l'appui nécessaire qui lui permit de décocher un bon coup de pied dans le carreau. Celui-ci explosa sous le choc. L'inspecteur, tremblant, passa rapidement la main par la vitre brisée et ouvrit la fenêtre. Il fallait faire vite car Margotine n'était plus qu'à à peine deux mètres de lui et salivait rose et gluant de plus belle. Il traversa la chambre de l'hôtel du 3ème qu'il avait investi brutalement, y émit quelques bruits suspects ( sans jeu de mot ) et y répandit quelques douceureuses odeurs, classiques pour lui dans ce genre de situation ce qui poussa la bête, qui était maintenant arrivée à la fenêtre, à grogner de plus belle...de satisfaction bien sûr... Cette fois, il n'y avait plus de doute, les ambiances pestilentielles du jeune inspecteur excitaient la monstruosité et la rendaient étrangement amoureuse. Il fallait également se rendre à l'évidence : c'est aussi ça qui lui avait sauvé la vie. Certes, il était passé à la gamelle mais pas à la trappe ! Davidovitch sentit les poils de tout son corps se dresser à l'unisson sous son peignoir rose. Il quitta la chambre et referma la porte rapidement derrière lui avec la clé qu'il avait eu la présence d'esprit de saisir avant de sortir. La bête était sur ses pas et tambourinait déjà à la porte en poussant des petits cris plaintifs cette fois-ci comme pour le supplier de la laisser s'approcher... Bernardin, qui avait imité son collègue, se retrouva face à Davidovitch. " Si tu arrêtais de l'exciter maintenant, hein ? Je te rappelle d'ailleurs le règlement : il est interdit de sortir avec une criminelle patentée, surtout en service ! D'autant plus que tu devrais dire à ta copine de se refaire le maillot et de changer de couleur de cheveux ! C'est d'un kitsch cette teinte... Et arrête d'empester, merde !! " Mais le jeune Davidovitch n'écoutait plus son supérieur et restait imperméable, et en peignoir, à ses plaisanteries de garçon de bas étage. Ils se précipitèrent tous deux vers l'escalier de service. C'est au moment d'entamer leur descente qu'ils entendirent la porte de la chambre du 3ème, où se trouvait le monstre, voler en éclat...  
 
8ème Mail : Descendre les marches quatre à quatre, voilà ce qui motivait le couple d'inspecteurs qui tentait d'échapper à cette bestiole qui leur filait le train... Même l'arme de Bernardin ne lui serait d'aucune utilité face à ce monstre. Il fallait pourtant faire quelque chose ne serait-ce que pour prouver que leurs plaques d'agents de police représentaient encore l'ordre et la sécurité pour la population de cette ville. Le monstre descendait moins vite les escaliers que les deux hommes ce qui leur donna tout à coup un petit avantage. La solution se présenta enfin à Bernardin... Il lui arrivait parfois de trouver des idées. Pas lumineuses, non, il ne faut pas exagérer, mais suffisamment pragmatiques pour contrecarrer les plans des bandits que sa longue vie de policier avait mis sur son chemin. D'ailleurs quand il était petit, sa mère, très pieuse, allumait un cierge à chaque fois que le jeune Anatole, c'était son prénom, faisait preuve d'imagination. La pauvre femme ne s'était pas ruinée en achat de bougies à la paroisse de son quartier... Mais, là, elle aurait pu acheter le cierge du siècle et utiliser jusqu'à ses dernières économies : il avait trouvé l'IDÉE !!! Arrivé au 1 er étage, l'inspecteur en chef somma son jeune collègue de le suivre. Ce dernier tenta bien de lui poser quelques questions qui restèrent sans réponses dans un premier temps. Puis vint le temps des explications : "Gazpacho, écoute-moi attentivement !" Oui, Gazpacho était le prénom de l'inspecteur en second. Ses parents auraient dû l'appeler Frédéric. Mais ce doux prénom angélique, que les foules habituellement se pressent de scander, de chanter, d'idolâtrer, ne lui allait malheureusement pas du tout. En effet, dès sa naissance et à peine sorti du ventre de sa mère, le petit Davidovitch ne commença pas par dégager en premier ses voies respiratoires, mais plûtot ses voies intestinales... Les premiers sons qu'il émit furent si violents, si explosifs et si odorants que l'équipe médicale en place dûe être évacuée. Une cellule de crise sans précédent dans la maternité fût constituée, et de parole de sage-femme, jamais pareille chose ne s'était déroulée par le passé... Gazpacho Davidovitch était né... " Ecoute-moi bien, il faut attirer la bestiole dans la salle d'eau du 1er. A côté, il y a le local technique. On y trouvera tout le matériel nécessaire pour parvenir à nos fins !... Que comptez-vous faire, Inspecteur ? Lui demanda Gazman. Et bien, nous allons l'électrocuter !!" A ces mots, Gazpacho ne put se contenir et marqua une fois de plus son étonnement et son angoisse naissante. " Mais arrêtez, vous allez la faire venir, lui dit Bernardin, un mouchoir sur le nez. ce que vous faites là est le deuxième volet de mon plan. Puisque vous pouvez l'attirer, vous serez l'appât idéal !!! ". A ces mots, le jeune Davidovitch ne se contint plus et murmura : " Il faut que je trouve un nouveau peignoir, et que je me débarasse au plus vite de celui-ci avant que vous ne tourniez de l'oeil, Inspecteur Bernardin..." 
 
9ème Mail :Il ne fallait pas perdre la moindre seconde. Le monstre était là, pas très loin de l'endroit où se terrait les 2 hommes. Ils avaient juste eu le temps de préparer leur coup et ils n'avaient pas le droit à l'erreur sous peine d'être définitivement radiés de l'ordre des êtres humains. Bernardin avait peur de ce que cette horrible bête verte pourrait lui faire en cas d'échec de son plan. Quant à Davidovitch, sa dernière lune de miel insolite avec le paranormal lui avait suffi... Il ne souhaitait plus que l'idylle renaisse et il en était presque à préférer ses hémorroïdes passés... Le jeune Gazpacho, je vous rappelle qu'il s'agit là de son prénom, avait trouvé et passé un nouveau vêtement plus seyant, plus masculin aussi. Fini le peignoir rose, bonjour l'ensemble bleu du service de nettoyage de l'hôtel ! Le piège était prêt pour le monstre. Il ne restait plus que... ce dernier !" Allez, cherche ! Cherche, Margotine !" Les deux policiers n'en croyaient pas leurs oreilles. Non seulement le pervers Lucius n'avait pas pris la poudre d'escampette, mais encore il avait choisi de se lancer avec son horrible bestiole à la poursuite des deux représentants de l'ordre toujours reclus dans cet hôtel qui leur semblait de plus en plus sombre et terrifiant. Manifestement, Casenavus n'avait pas encore digéré sa dernière arrestation et il était motivé à l'idée d'en découdre avec son ennemi de toujours. Les articles parus dans les journaux à son sujet l'an dernier à l'annonce de son évasion, avaient dépeint un être psychologiquement déséquilibré, neurasténique, machiavélique, mou de la chique et Monsieur Preskovic. " Que faire, maintenant ?" demanda Davidovitch à son supérieur. La situation devenait compliquée. Autant il aurait été facile de duper le nounours vert à poils longs en l'attirant avec le fameux peignoir imprégné de l'odeur du sous-officier, autant cela se compliquait avec l'arrivée impromptue du barbu des Carpathes. D'autant plus que ce dernier devait être toujours armé et prêt à faire feu à vue. " Ne prenons pas de risques inutiles. Mettons au plus vite notre piège en place et battons en retraite " proposa le gradé moustachu. Ils ouvrirent en grand les deux robinets du lavabo des sanitaires et laissèrent l'eau se répandre sur le sol. La dernière manipulation fut de brancher un petit radiateur électrique portatif et de le renverser sur le sol. L'eau avançait vers l'appareil lorsque apparurent les deux poilus. Comme ils l'avaient redouté, Casenavus épaula son arme et tira dans la direction des inspecteurs. Ces derniers n'eurent que le temps de se coucher sur le sol et de ramper très rapidement vers l'escalier situé à l'autre bout du couloir. Les deux affreux, l'un grognant et bavant d'excitation et l'autre postillonnant et pestiférant des noms d'oiseaux, se précipitèrent vers les policiers. Dans leurs rages respectives, ils ne prêtèrent pas attention à l'eau qui maintenant gagnait l'ensemble du couloir du 1er étage et commençait à mouiller leurs pieds et pattes. Un éclair et de la fumée apparurent soudainement lorsque le liquide atteignit l'appareil de chauffage. La réaction ne se fit pas attendre et de fortes secousses gagnèrent immédiatement le monstre vert et son maitre poilu du menton. Après quelques secondes, les deux épileptiques convultionnés s'écroulèrent sur le sol humide. N'entendant plus les pas de leurs poursuivants, nos deux héros s'arrêtèrent, se regardèrent et décidèrent d'un commun accord, après quelques secondes d'attente pour le cas où, de faire demi tour pour aller voir si le piège avait fonctionné. Arrivés au 1er étage, ils poussèrent la porte qui desservait l'escalier par lequel ils s'étaient enfuis, et avec toutes les précautions du monde, se permirent de jeter un petit coup d'oeil. Le spectacle qu'ils aperçurent les réconforta sur le bon déroulement des opérations. Lucius gisait inerte sur le sol que le robinet alimentait toujours en eau, tandis que le monstre, inconscient également, avait manifestement tenté dans un dernier sursaut de gagner l'autre bout du couloir avant de s'écrouler sur le carrelage trempé. Bernardin et Davidovitch, rassurés, se levèrent, débranchèrent, avec d'infinies précautions, l'appareil de chauffage qui baignait toujours et se saisirent de l'arme du barbu. Le bruit de chambre à air qui se dégonfle et les effluves qui s'en suivirent ne firent aucun doute, Davidovitch s'était à nouveau laissé aller. Bernardin allait lui en faire la réflexion mais il s'arrêta net : Davidovitch, tremblant, pointait du doigt l'autre bout du couloir. Il aurait voulu dire quelque chose mais une succession de sons pétaradants furent les seules manifestations de son être. L'inspecteur Bernardin se retourna doucement vers la direction proposé par son collègue, priant de toutes ses forces que ses peurs n'étaient pas fondées. 
Malheureusement, ce n'était pas son jour. A l'autre bout de l'étage, le monstre vert et poilu recommençait à bouger... ( à suivre dans la Rubrique ESSAI 2 )  
 

  
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